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« Il y a une fumée lointaine et un rayon de lumière. Il y a à être ravi par les indices d’un territoire trop longtemps imaginé au travers des images collectives. Si l’histoire et ses traces devraient nous permettre de retrouver ce territoire, le bruit incessant des luttes a effacé, pour nous, si lointains, ses racines et sa poésie.
Alors il y a ces images empruntées aux rêves et à la mémoire. Il y a les voix bien réelles croisées au détour du souk de Bethléem. Ces voix, sans théâtralité, qui ne nous rendent rien accessible mais nous disent l’évidence insistante des mythologies qui fondent une communauté. Elles ne diffèrent aucune identité. Aucun secret ne vient étouffer les signes?; les routes, un palais, le verger et le désert sont visibles en leurs abandons, comme un double théâtral des voix et des textes.
Les fantômes du souk, comme les tentures qui se meuvent silencieusement, nous rappellent ces mythes et insistent pour que les histoires soient à nouveau contées?; pour entendre une voix sans hâte dire « Il se souvient encore de moi ». »
Sébastien Dupuy,
concernant « L’attente l’oubli ».

«Gestes et visages dans le portrait pluriel, Pour un documentaire de la singularité», mémoire de Master de l'École Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles. Téléchargeable ici.